Christian MOENCH un LORRAIN passionné d'aéronautique (1905-1938)

Au moment ou nous fêtons le centenaire du premier vol en aéronef , nous ne pouvons pas oublier tous ceux qui ont ouvert des voies extraordinaires comme Christian MOENCH ,dont une effigie en bronze a été érigée en son honneur et qui siège désormais dans l'aérogare de l'aéroport régional de Metz-Nancy Lorraine .

En effet il a été a l'origine des premières aéropostales dont la fameuse PARIS-TANANARIVE en 8 étapes seulement et le raid PARIS-TOKIO réalisé dans des conditions exceptionnelles avec son Percival Vega Gull et avec des moyens tout a fait rudimentaires , il ont ouverts en quelques  les premiers "cross" de l'histoire avec un sens de l'humanité et de l'aventure communs a beaucoup d'entre eux .Je vous encourage vivement a lire leurs récits et plus particulièrement le livre de Claude PERRIN aux éditions de l'OFFICINE 75010 PARIS. http://www.publiecriprint.com

Cruel hasard de l'histoire c'est en Irak , à BASSORAH que nous avons perdu sa trace ainsi que celle de son avion, mais il restera longtemps dans les mémoires , du moins de lorraine , puisqu'il était le fondateur de l'aéroclub de NANCY toujours en activité ou d'ailleurs une rue lui a été dédiée.

Christian MOENCH
Le prix d'un raid

C'était le 16 janvier 1938... les journaux du soir furent les premiers à donner une information inquiétante : « Christian MOENCH n'est pas arrivé à Bassora ». Les débris de son « Percival Vega Gull » devaient être repêchés dans le Golfe Persique quelques jours plus tard. Le pilote, seul à bord de son monomoteur de 220 ch, pris dans la tempête à basse altitude, avait percuté le relief d'une île...
Tragique conclusion d'une liaison qui aurait du permettre de battre le record de vitesse sur Saigon- Paris.
MOENCH , nancéien, était un passionné d'aviation. Breveté en 1926, après son service militaire, il avait acquis très tôt un avion de tourisme. Aimant les voyages, il prit goût aux raids. En 1931, avec Joanny BURTIN (pilote d'essais mort en 1977), Il avait parcouru 40 000 kilomètres: l'aller et retour Paris- Tokyo en 250 heures de vol. Quelques mois plus tard, le même équipage battait le record de liaison Paris Madagascar et au retour effectuait la première liaison postale.
En 1934 avec CATINOT, nouvelle liaison sur Madagascar...
Chargé du secteur commercial de la société ALSA, créée par son père, il avait beaucoup à se déplacer, il le faisait avec ses avions successifs, portant toujours sur le capot, le sigle de la firme. Officier de réserve ne manquant pas une seule période, président de l'aéro-club de l'Est dont il était un animateur infatigable, Christian MOENCH était très connu à Nancy. Son entrain, sa bonne humeur, sa cordialité à l'égard de tous, l'expérience qu'il avait accumulée avec plus de 2 000 heures de vol... lui avaient acquis une pléiade d'amis. On savait qu'en matière de voyages et de raids il ne laissait rien au hasard. Il préparait ses vols avec soin et méthode. Il fallut qu'un télégramme à SAIGON, lui annonça la mort de son jeune bébé pour modifier et hâter son retour... en prenant les risques. Le tenant pour mon parrain aéronautique, je n'oublie pas son tragique destin. Il avait trente-quatre ans.


  J. NOETINGER. .
  Air & Cosmos n° 843 du 17 janvier 1981

 

ÉPILOGUE:  et réflexions sur le risque.(tiré du livre de Claude PERRIN)

La guerre 39/44 a mis un terme brutal a toute une fabuleuse période de l'histoire et a sonné le glas d'une certaine mentalité et d'un mode de vie, le risque était si commun qu'il était a peine évoqué tant il allait de soi! On ne parlait pas encore de profil de carrière, de primes, de principe de précaution. Les défis étaient a taille humaine, L'activité aéronautique était marquée par l'enthousiasme, la bonne volonté, la solidarité, le don de soi. La plus grande punition que l'on pouvait infliger a un pilote, militaire, professionnel, civil ou amateur était... l'interdiction de vol ! Il y avait d'immense espaces a découvrir et a inventorier, source de défis des individus. Dès qu'un raid était lancé, tous s'impliquaient pour faire bénéficier a son auteur de toutes les facilités possibles. Sens et goût du panache, insouciance ou légèreté était la source d'épanouissement de ces pilotes, a tel point que certains patrons opposaient carrément a leurs nouvelles recrues "Je n'ais pas besoin d'acrobates chez moi...!". Le stage "cambouis" était indispensable a des pilotes qui ne pouvaient compter que sur eux-mêmes en cas de pépins. Il ne disposaient d'aucun moyen pour signaler leur position en cas d'atterrissage forcé et n'avaient quasiment pas d'appareillage de navigation comme aujourd'hui. Autre point a souligner , mis a part quelques rares appareils très pointus, tous avaient pratiquement les mêmes appareils ce qui leur permettaient de parler le même langage et renforçait leur sentiment de solidarité. Ils n'avaient souvent aucune assurance, et mettaient souvent leur fortune personnelle dans l'aventure.

Vivre, c'est prendre des risques au quotidien!, même si cela ne dois pas exclure le respect de ses proches et des autres, c'est un élément fondamental dans la recherche des raisons de l'existence et une véritable motivation pour ceux qui entreprennent des réalisations exceptionnelles ! 

Daniel MOENCH


 

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